psychanalyse-lorraine.fr

Etap'Habitat
( anciennement
Foyer des Jeunes Travailleurs )
22 rue Georges Ducrocq
contact: dominique.guilleminot@wanadoo.fr

Peut-on transmettre quelque chose de la cure analytique au XXIème siècle dans les mêmes termes que Freud un siècle plus tôt? La place faite au corps, sa représentation, ses modes de jouissance interrogent le malaise dans la civilisation sur fond de destitution des références paternelles et accentuation des objets modernes dits de consommation (ou de jouissance).J-A Miller a pris la question du corps et du langage à l’horizon du dernier enseignement de Lacan en ouverture des travaux du Xème congrès de l’association mondiale de psychanalyse (L’inconscient et le corps parlant).
Ça a été aussi le point de départ du livre d’Eric Laurent,
L’envers de la bio politique, une écriture pour la jouissance, fruit d’un enseignement dispensé à l’ECF durant l’année 2014/15. Nous avons entamé sa lecture attentive l’année dernière au séminaire de l’ACF à Nancy. Nous vous proposons de la poursuivre et de conclure cette année encore au séminaire d’étude de Nancy.

LAURENT E.,
L’Envers de la Biopolitique. Une écriture pour la jouissance, Navarin/Le Champ freudien, 2016

Jean-Pierre GALLOY
jean-pierre.galloy@wanadoo.fr 06 86 91 96 68

Dates du séminaire :les jeudis

28 nov, 19 dec 2019 puis 23 janv, 13 fev,
19 mars, 08 avr, 14 mai et 18 juin 2020
de 20h30 à 22h30.














Le point de départ du livre d’Eric Laurent, L’envers de la bio politique, une écriture de la jouissance, est le fruit d’un enseignement dispensé à l’ECF durant l’année 2014/15. Nous en avons proposé une lecture attentive au séminaire de l’ACF à Nancy durant une année.

Dans une époque où les images multiples du corps tentent de recouvrir son vide ontologique, l’enjeu est d’extraire une articulation entre le corps et la jouissance chez le parlêtre. Pour rendre compte de la prise du corps dans les trois dimensions du Réel, de l’Imaginaire et du Symbolique, Lacan va développer « un instrument logique dérivé de la logique ensembliste... une logique de sacs et de cordes. Celle-ci combine l
’écriture ensembliste de l’ensemble vide et ce qui peut se nommer Un dans chacune des trois dimensions R,S et I. » (Éric Laurent, op.cit, p 18). Le travail mené ces dernières années sur la topologie des noeuds nous a servi de point d’appui pour orienter notre lecture de ce livre.

Nous avons interrogé la référence à Foucault dans le titre même de l’ouvrage d’Eric Laurent. Il nous a semblé que chez Foucault, la question de la vérité trompeuse reste omni présente. Il part de la critique de la connaissance et de la vérité pour s’interroger de la place faite à l’évènement, au soulèvement… ou autres formes d’interrogation du pouvoir, pouvoir qui n’a de cesse, par les discours, de contrôler ou encadrer les savoirs. Dans le biopolitique, la critique met en parallèle l’homme corps et l’homme espèce, dans les deux dimensions de l’individu et de la population. Mais si Foucault part de la critique de la vérité là où Lacan arrive dans son dernier enseignement, il s’arrête aux impasses des oppositions savoir/pouvoir, homme-corps / population-espèce, alors que Lacan déplace les concepts corps / jouissance, Un / Ø (comptant pour un), véritable envers de la question du sujet (ontologie).

Éric Laurent va préciser le virage de Lacan en prenant ses distances avec le structuralisme. La démonstration tourne autour de la réponse de Lacan dans Radiophonie à la question II d’un (im)possible rapprochement de la psychanalyse, linguistique et ethnologie, « du point où le symbolique prend corps... Le premier corps fait le second de s’y incorporer. D’où l’incorporel qui reste marquer le premier, du temps d’après son incorporation. Rendons justice aux stoïciens d’avoir su de ce terme: l’incorporel, signer en quoi le symbolique tient au corps. » (p.409) Lacan s’appuiera sur la logique contemporaine pour en préciser la topologie, logique de Gödel mais aussi de Frege, cette dernière déjà argumentée par JA Miller lors du séminaire XII de Lacan (24/02/65). JA Miller y souligne la distinction entre le zéro et sa notation, le Un comme nom du zéro ou le Un comme cardinal de l’ensemble vide (EL p.28). Il en découle une nouvelle définition de la science, non plus comme exclusion du sujet mais comme résultat de la non issue de cet effort de suture du sujet de la science... un rapport d’exclusion interne à son objet (EL p.27).Nous pouvons mieux comprendre la topologie qui s’en dégage: « Le corps que jusque là Lacan avait abordé par l’imaginaire et par l’identification dans ce registre, n’est ici plus situé selon un point symbolique extérieur; il est maintenant saisi par incorporation directe du symbolique. » (EL p. 31).
La rencontre des corps, chère aux stoïciens, nous amène à considérer un nouveau nouage. Il ne s’agit plus du corps mortifié par le signifiant ou identifié au semblable i(a) mais du corps où s’inscrit la jouissance en excès hors corps: « la rencontre du corps symbolique avec la chair dégage l’objet a comme incorporel, comme effet hors corps, comme j’ouïs-sens. » (EL p.34)
Nous y voyons le changement de paradigme du désir, au joint de la mortification par le signifiant, vers la jouissance toujours en excès, qui vient modifier ce qu’il peut en être de l’interprétation dans la cure.

Éric Laurent reprend avec précision les différents moments dans l’élaboration de Lacan sur corps et symptôme. Partant de l’expérience freudienne, le symptôme était à entendre, à interpréter dans la langue du père: « I
l est symptôme du père, auquel l’hystérique s’intéresse par amour. (p.43) » Articulé à l’Autre, au deux, comment saisir le symptôme de l’un tout seul, dans un temps logique premier à savoir « passer du symptôme qui parle au symptôme qui s’écrit en silence, qui n’est plus communication mais écriture. (p. 44) C’est donc faire place première à la jouissance, choc du signifiant sur le corps dont l’inscription hors corps est articulée aux bords érogènes du corps.
Lacan va y venir en soulignant une autre dimension que la dimension narcissique du corps et de son image. Il propose dans Radiophonie, un dispositif où le corps vient au sujet sans l’action d’aucun agent (le porte bébé dans le stade du miroir). JA Miller, dans son introduction au Séminaire L’Angoisse, donne quelques repères utiles à la compréhension de ces changements de paradigmes: passage du phallus négativé à l’objet a dont l’angoisse en donnerait l’accès et l’élaboration du mythe de la lamelle donnant à la libido un statut d’organe muni d’une topologie qui s’adjointe au corps (p. 56).

Éric Laurent en détaille les conséquences dans le « tout dernier Lacan » et particulièrement dans le corps que LOM a et une femme symptôme d’un autre corps. « ..LOM de base, LOM cahun corps et nan-na Kun. (Lacan J., Joyce le symptôme, p567) » Éric Laurent va commenter cette phrase : « Pourquoi LOM de base, sinon parce qu’il est le départ de cette nouvelle mise en place du rapport entre le corps et les jouissances ? » p. 58 Il s’en déduit une autre articulation du symptôme. « Une femme peut faire symptôme pour un autre corps, puisqu’elle est le lieu d’une jouissance Autre, qui n’est pas celle de cet autre corps… symptôme qu’elle incarne en tant que femme comme condensation de jouissance hors corps pour un autre corps que le sien. »p. 67
Èric Laurent va plus loin dans le chapitre «
La jouissance du corps soutient le symptôme ». Croire à son symptôme, y croire tout comme Lacan dirait “y croire à une femme“. L’amour est une adresse à un savoir Réel, visant “un sujet supposé un signe“. Le déchiffrement est second. « L’amour serait ce qui permet à la jouissance de condescendre, non seulement au désir mais au déchiffrement » p. 72. Lacan redonne une place à l’imaginaire « ce que l’homme sait faire avec son image… permet d’imaginer la façon dont on se débrouille avec le symptôme » C’est le nouage borroméen qui permet de rendre compte de cette débrouille/embrouille dans la rencontre d’un autre corps sans en passer par le primat du phallus. Le sens est second. Idem quant à la nomination qui n’a pas besoin de référence (Lacan avec Frege et Russel) pour permettre un nouage (Lacan avec Kripke). Èric Laurent reprend l’interprétation de Lacan quant à la génèse pour faire par la nomination ce qui permet à la parlote de se nouer au Réel.

Nous nous sommes réunis une fois par mois durant l’année 2018/19 pour entreprendre cette lecture appliquée de « L
’Envers de la biopolitique. Une écriture pour la jouissance ».
Nous en avons établi les grandes lignes non pas pour conclure mais marquer une étape et inviter cette année encore au séminaire d’étude de Nancy, le plus grand nombre à finir la lecture commentée de ce livre d’Éric Laurent.

Nancy

MJC LILLEBONE
rue de la source Nancy

Accueils   

psychanalyse-lorraine.fr

Les séminaires d'étude











Jusqu’en décembre 2019, notre séminaire sera placé sous l’étendard de l’annonce des prochaines journées de l’Ecole de la Cause freudienne
Femmes en psychanalyse. Nous poursuivrons donc durant quelques mois l’étude du thème Le féminin & ses entrelacs qui a fait l’objet de notre travail l’année passée.
La première séance, le 18 septembre, sera consacrée à la lecture d’un chapitre du séminaire Encore :
Une lettre d’âmour. (p. 99 à 113 dans la collection de poche points Essais)
Par la suite, nous mettrons à l’honneur des auteur(e)s, participant(e)s du séminaire ou non, qui auront écrit un petit texte portant sur le thème des femmes en psychanalyse : que ce soit le compte rendu d’une pièce de théâtre ou d’un film, le commentaire d’une œuvre littéraire ou les impressions qu’elle a suscitées, des réflexions sur un écrit psychanalytique, venez nous en faire part, nous serons tout ouïe et discuterons ensemble de vos travaux.

Voici les dates de nos réunions jusqu’en décembre :
18 septembre, 16 octobre, 20 novembre, 18 décembre .

E

n 2020 : 15 janvier, 12 février, 18 mars, 8 avril, 13 mai, 17 juin.

Nous vous informerons très prochainement sur le thème choisi !Contacts : valerie.marchionni@gmail.
com // ferry-f@numericable.fr

I

l

s

era deman

à chaque participant une participation financière de 25€ pour la location de la salle (10€ pour les étudiants).














Topologie pas sans s'en servir

L'Envers de la biopolitique.
Une écriture pour la jouissance

séminaire d’étude de l’ACF-Est à Nancy. 2019/2020

THEORIES-DE-LA-CLINIQUE-11.pdf
Un répartiteur sexuel JAM.pdf
la suture.pdf
Penser avec son ame ou parler avec son corps.pdf
S - Zaloszyc - Première lecture de La Troisième.docx
SemXII 3-04-65_Page_01.pdf

Textes d'appoints

Séminaire à Metz 2019 /2020